La soie lyonnaise perd ses clients

Avant 1789, les tisseurs de soie lyonnais sont célèbres dans toute l’Europe. Leurs étoffes habillent les monarchies de Madrid à Vienne et font vivre une partie essentielle de l’économie de Lyon.

Après la Révolution française, la Convention nationale prend le pouvoir et la Terreur frappe l’ancienne clientèle aristocratique des soyeux. Lyon voit disparaître, un à un, ses clients les plus prestigieux.

Lyon se rebelle contre la Convention

La ville se soulève et guillotine publiquement un représentant du pouvoir parisien. La rupture devient ouverte entre Lyon et la Convention nationale.

Paris envoie près de 20 000 soldats. Après un siège de deux mois, les troupes entrent dans Lyon et mettent la ville à sac.

La répression et la Ville-Affranchie

Près de 2 000 personnes sont exécutées en représailles de la révolte lyonnaise. La place des Terreaux devient l’un des principaux lieux de cette répression.

La Convention rebaptise Lyon « Ville-Affranchie » et proclame : « Lyon fit la guerre à la liberté, Lyon n’est plus. » La formule entend effacer symboliquement la cité révoltée.

Gravure de la répression menée à Lyon en décembre 1793
Fusillade menée à Lyon sous Collot d’Herbois et Fouché le 14 décembre 1793 — musée Carnavalet. Source · Domaine public

La ville et les canuts renaissent

Lyon est pourtant toujours là. Quelques mois après le siège, la Convention nationale sombre à son tour et laisse un vide politique dont Napoléon saura profiter.

Napoléon passe ensuite d’importantes commandes pour relancer l’industrie des canuts. La soie lyonnaise se relève de ses cendres, comme la ville elle-même. Cette histoire de résistance urbaine reste l’un des épisodes les plus saisissants du patrimoine lyonnais à explorer avec Woyaka.